Erste est un blog collectif et passionné, vitrine où ses différents auteurs auront la possibilité de partager projets, créations, critiques et surtout leurs passions. Depuis 2012 et le départ de Tegle, ERSTE est devenu le terrain de jeu principal d'Ersaishania et de ses nombreuses collections. Collections présentées dans la joie et la bonne humeur ! N'hésitez pas à commenter !
Billet « Moyen Âge » #002
N°3627 : Festin Moyen-Âge (1994 – 1996)
Il y a un an environ je recevais un gros colis contenant presque tout les sets du Tiers État de la collection des années 90, tous sauf un. Tous sauf ce fameux set n°3627, le set le plus complet de la gamme et rappelant vaguement un festin dans la forêt de Sherwood.
Aujourd'hui, après de longues recherches et des enchères bataillées au centime près, j'ai enfin acquis cette boite.
Une victoire dont je ne suis pas peu fier puisque j'ai eut la chance de l'acquérir dans un état presque neuf, malgré les scellées coupées, puisque les petits accessoires sont encore dans leurs grappes et chaque élément se trouve sous blister non ouvert.
Et comme si cela ne suffisait pas, j'ai obtenu ce set pour presque rien compte tenu de sa cote sur internet (on frise les trois chiffres pour un set dans cet état) ; il va s'en dire que ce fût un bon jour pour votre serviteur.
Mais pourquoi une telle cote ?
Comme la majorité des sets de cette gamme, nous avons affaire à une boite éphémère, c'est à dire une boite qui est restée peu de temps dans les magasins compte tenu de ses deux petits ans d'exploitation. Nous nous retrouvons aussi avec la plus grosse boite de la gamme (sept figurines, un arbre géant, un fût d'alcool et une trentaine « d'accessoires » divers), un contenu qui affectera bien évidemment le prix de l'époque. Pour vous donner un ordre d'idées, le set n°3626 de la gamme coûtait environ 200 francs (soit 30€) ; je vous laisse imaginez le prix du set n°3627... Autant dire que pour le même prix, bien souvent, les gamins préféraient prendre une extension du château n°3666.
Mais le prix n'explique pas tout, la rareté du set au fur et à mesure des années (les collectionneurs passant par là raflant les lots les moins chers, ne laissant plus que des miettes aux nouveaux venus, il s'en ait fallu de peu pour que les particuliers commencent à revendre cher leurs sets) aura exponentiellement fait grimper le prix de revente. Et puis le set étant particulièrement réussi, beaucoup de collectionneurs n'hésitent pas à en utiliser plusieurs dans un même diorama.
Mais assez d'explications techniques sur l'offre et la demande, assez parlé de gros sous et de souvenirs d'époques, passons à la revue.
Côté contenu, je suis vraiment gâté. Le set offre un magnifique chêne de vingt centimètres de haut avec huit branches feuillues, une large table de banquet et trois bancs affiliés, un fût de bière aux couleurs du roy (fût que l'on appose sur un petit plancher que l'on peut encastrer dans un attelage ; le même type que pour le convoi de prisonnier : Playmobil 3674 : Transports de prisonniers ), d'une sorte de barricade pour poser le matériel de monture, de dix choppes de bière (pleines, renversées ou vides), d'un luth, d'une vièle à archet et d'un seau.
Niveau armes, le set n'est pas lésé puisqu'il nous propose une épée et une dague ainsi que deux armes à distance, soit un arc court et une arbalète (avec carquois rempli). A cela s'ajoute un maillet en bois.
Nous nous retrouvons aussi avec une multitude d'animaux : deux écureuils, une poule brune et ses six poussins, une monture grise à tâches blanches et un magnifique chien (probablement un terre-neuve).
Niveau figurines avec sept personnages il y a de quoi faire.
Je vais commencer par le cavalier qui, bien qu'armé, n'a rien d'un chevalier. Casque à plume rose, éperons argentés, cote de maille et pourpoint bleu par dessus, la figurine est relativement agréable et plutôt originale. Avec sa moustache taillée et sa monture, tout laisse à penser qu'il s'agit d'un patrouilleur ou même d'un shérif pour aller dans le sens d'un festin dans Sherwood.
Toujours pour les hommes armés, nous trouvons un archer vert et rouge plutôt banal. Une banalité qui rappelle pourtant les premiers klicky.
Toujours chez la gente masculine et dans la banalité, nous trouvons un « vilain » du Tiers État habillé de braies noires, d'une chemise ocre et blanche avec un chaperon rouge sans capuche. Il porte néanmoins un couvre-chef plutôt moche (dans le sens où ce truc doit être un chapeau de paysan fait avec deux-trois chutes de tissu) qui le rend plutôt original (« Cet homme là est un original »).
Le set nous offre cependant un magnifique bucheron à la capillarité corbeau ; sabots, braies noires, embonpoint caché par une chemise verte et blanches, à cela s'ajoute un petit bonnet vert qui lui va rudement bien. Remplacez le vert par du rouge, les cheveux et sa barbe noire par du blanc et vous obtiendrez le tout premier Père Noël.
Côté femmes, nous trouvons seulement deux figurines : une servante et une dame plus aisée.
La première est blonde, porte elle aussi des sabots, une coiffe commune à nombre de servantes ou de femmes du Tiers État Playmobil ainsi qu'une robe blanche et bleue au corsage fait de fils rouges. On retrouve ce même rouge sur le tablier qu'elle porte.
Concernant l'autre femme, bien que pieds nus, elle porte une robe verte et orange mais surtout un collier en or, des rubans violets dans ses cheveux et une tiare dorée -probablement du cuir jaune. Il s'agit sans doute d'une artisane ou d'une femme de marchand (voir la laideronne du cavalier).
Pour terminer le point sur les figurines, jetons notre regard sur le moine présent. Contrairement au set n°3631, celui ci porte une toge noire et un chapelet autour du cou. A cette robe s'ajoute un scapulaire avec capuche lui aussi de couleur noire. Côté chevelure, notre ami est grisonnant et porte une « couronne monastique ». Tous ces codes font bien évidemment référence à l'ordre de Saint-Benoît, par conséquent nous avons affaire cette fois à un moine bénédictin bien loin de chez lui. Et pour parfaire l'esthétique du clerc, ce dernier possède une Bible blanche et dorée.
Aujourd'hui je n'ai pas de réelle conclusion à cet article puisque j'ai pratiquement tout dit dans l'introduction (vous savez quand je parlais de la cote), néanmoins la multitude d'éléments dans ce set fait qu'il connait encore beaucoup de succès aujourd'hui.
C'est aussi à travers cette boite que certains éléments naitront pour la première fois dans l'univers Playmobil, notamment le fût d'alcool et le moine bénédiction (exclusif à ce set d'ailleurs). Un fût que vous pouvez trouver actuellement dans le catalogue complémentaire pour 4,90€ (N°6218 : Fût de vin).
Bref nous avons affaire à un set de toute beauté, riche et presque incontournable dans une collection visant à restituer des « tableaux » sur le Moyen Âge. Et peut être que la marque allemande aurait beaucoup à gagner si elle se décidait à ressortir du placard le moine (qui est presque impossible à trouver seule pour un faible coup) compte tenu des nombreux collectionneurs qui aiment à construire des monastères sur leurs étagères.
| |
| |
| |